PER des professions libérales : bien plus qu’un outil de défiscalisation

Médecins, avocats, pharmaciens, experts-comptables et autres professions libérales : le PER peut permettre de préparer sa retraite tout en bénéficiant, selon sa situation, d’un avantage fiscal. Mais le réduire à un simple produit de défiscalisation serait une erreur.

Le principe paraît simple : vous effectuez un versement sur votre Plan d’Épargne Retraite (PER), celui-ci peut être déduit de votre revenu imposable dans certaines limites, puis l’épargne constituée est récupérée à la retraite.

Dans la pratique, plusieurs paramètres doivent être pris en compte : plafond 154 bis ou 163 quatervicies, plafonds non utilisés des années précédentes, tranche marginale d’imposition, fiscalité à la sortie, transmission en cas de décès ou encore existence d’anciens contrats Madelin ou PERP.

Un dispositif qui continue d’évoluer

Créé par la loi PACTE, le PER n’est pas un dispositif figé. Ses règles fiscales et ses possibilités continuent d’évoluer au fil des textes.

Ces dernières années, les règles de report de certains plafonds ont notamment évolué, de nouveaux cas de déblocage anticipé sont apparus et il n’est désormais plus possible d’ouvrir un PER individuel au nom d’un enfant mineur.

Depuis 2026, les nouveaux versements réalisés à compter de 70 ans ne bénéficient par ailleurs plus de la déduction fiscale à l’entrée.

Une stratégie retraite doit donc être suivie dans le temps et adaptée aux évolutions réglementaires comme à votre situation personnelle.

154 bis ou 163 quatervicies : quel plafond utiliser ?

C’est l’une des particularités importantes pour les travailleurs non salariés.

Le 154 bis permet notamment aux TNS de déduire leurs versements retraite de leur revenu professionnel dans certaines limites.

Le 163 quatervicies correspond à une autre enveloppe de déduction, rattachée au revenu global du foyer fiscal.

À cela peuvent s’ajouter des plafonds non utilisés des années précédentes. Selon la situation familiale et fiscale, plusieurs possibilités d’optimisation peuvent donc exister.

Avant un versement important sur un PER, il est pertinent de calculer précisément les enveloppes disponibles et de déterminer laquelle utiliser en priorité.

« Je déduis à 41 % aujourd’hui, mais si je suis toujours imposé à 41 % à la retraite, quel est l’intérêt ? »

C’est une question que nous rencontrons régulièrement.

Prenons l’exemple d’un professionnel dont la tranche marginale d’imposition (TMI) est de 41 %. Un versement déductible sur un PER peut lui procurer aujourd’hui une économie fiscale correspondant à cette tranche marginale.

Mais si sa TMI est toujours de 41 % au moment de la retraite, où est l’intérêt ?

Deux éléments sont souvent oubliés.

La fiscalité peut être moins élevée à la retraite

La période d’activité correspond souvent aux années pendant lesquelles les revenus sont les plus importants.

À la retraite, la diminution des revenus professionnels peut entraîner une baisse de la tranche marginale d’imposition.

Ce n’est toutefois pas systématique : chaque situation doit être appréciée individuellement.

L’économie fiscale peut elle aussi travailler

L’avantage fiscal obtenu aujourd’hui peut être investi et participer à la capitalisation financière du contrat.

Pendant la phase d’épargne, les gains réalisés à l’intérieur du PER ne font pas l’objet d’une imposition annuelle au fur et à mesure de leur réalisation.

Sur 10, 15 ou 20 ans, cet effet de capitalisation peut devenir significatif.

Le PER peut aussi être un outil patrimonial

Le PER n’est pas uniquement un outil permettant de préparer un complément de revenus pour la retraite.

il comporte une clause bénéficiaire permettant de désigner les personnes qui recevront les capitaux en cas de décès.

Il est par exemple possible de désigner son conjoint. La loi TEPA de 2007 a notamment instauré l’exonération de droits de succession pour le conjoint marié ou le partenaire de PACS survivant.

Selon la situation, le PER peut donc participer à une réflexion plus large sur la protection du conjoint et la transmission du patrimoine.

Les règles applicables dépendant toutefois de la situation, de l’âge au décès et des caractéristiques du contrat, elles doivent être étudiées individuellement.

Tous les PER ne se ressemblent pas

Il n’existe pas un PER adapté à tout le monde.

Certains épargnants recherchent une gestion patrimoniale diversifiée. D’autres privilégient des supports à faibles frais ou une allocation largement construite autour d’ETF. Certains contrats peuvent également intégrer des garanties de prévoyance.

Chez Courtavie, notre rôle est de pouvoir comparer différentes architectures et de sélectionner une solution en fonction de votre âge, votre horizon de retraite, votre profil de risque, vos objectifs patrimoniaux et votre préférence en matière de gestion financière, plutôt que de proposer systématiquement le même PER.

Ancien Madelin ou PERP : faut-il forcément le transférer ?

Non.

La création du PER a rendu intéressant le transfert de certains anciens dispositifs de retraite. Mais un ancien contrat n’est pas nécessairement un mauvais contrat.

Certains Madelin, PERP ou autres dispositifs peuvent présenter des caractéristiques ou garanties qu’il serait dommage d’abandonner.

Avant tout transfert, il faut donc comparer ce que le nouveau PER apporte, mais également ce que l’ancien contrat permet de conserver.

PER et épargne salariale : raisonner globalement

Pour un professionnel libéral ou un dirigeant employeur, le PER individuel n’est pas nécessairement la seule enveloppe disponible.

Selon la structure de l’entreprise et sa situation, des dispositifs d’épargne salariale et d’épargne retraite d’entreprise peuvent également être mis en place : PEE, PERECO, intéressement, participation, abondement…

Ces dispositifs répondent à des règles différentes mais peuvent être complémentaires.

Il est donc parfois plus pertinent de raisonner sur l’ensemble de la stratégie d’épargne du dirigeant et de son entreprise plutôt que d’optimiser isolément son PER individuel.

C’est précisément cette articulation que nous développons dans notre dossier consacré à l’épargne salariale des dirigeants et des entreprises.

FAQ – PER des professions libérales

Le PASS, ou Plafond annuel de la Sécurité sociale, est une valeur de référence utilisée chaque année pour calculer de nombreux plafonds sociaux et fiscaux.

En 2026, le PASS est fixé à 48 060 €.

Il intervient notamment dans le calcul des plafonds de déduction liés à l’épargne retraite. Son montant évoluant chaque année, les enveloppes disponibles doivent donc être recalculées régulièrement.

Pour un TNS, le plafond de déduction prévu par l’article 154 bis est calculé à partir du revenu professionnel, avec une formule permettant notamment de bénéficier de 10 % du revenu retenu dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, dans les limites prévues par la réglementation.

Il existe également un minimum : lorsque le revenu est inférieur à un PASS, l’enveloppe minimale correspond à 10 % du PASS.

Avec un PASS 2026 de 48 060 €, cela représente donc un minimum de 4 806 €.

Attention toutefois : il s’agit d’une enveloppe fiscale dont il faut retrancher, le cas échéant, certaines cotisations ou contributions retraite venant déjà la consommer.

Non.

Pour un professionnel imposé en BNC, le calcul repose sur son bénéfice professionnel. On n’applique pas l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels.

Pour certaines rémunérations de gérance relevant notamment de l’article 62 du CGI – par exemple dans certaines EURL ou SARL –, la base imposable est la rémunération après déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, sauf option pour les frais réels.

À rémunération affichée identique, la base fiscale servant au calcul du disponible retraite peut donc être différente selon le statut et le mode d’exercice.

C’est justement l’un des points qui nécessite de la vigilance.

Les plafonds 154 bis et 163 quatervicies et certaines sommes versées dans le cadre de l’épargne retraite d’entreprise interagissent entre eux. Un abondement employeur versé sur un PERECO peut notamment venir diminuer le disponible fiscal retraite individuel.

Il ne faut donc pas raisonner en additionnant simplement plusieurs plafonds.

Lorsqu’un professionnel dispose à la fois d’un PER individuel et d’un PERECO, le calcul du disponible doit intégrer l’ensemble de ces dispositifs..

Vous avez déjà un PER ou souhaitez préparer votre retraite ?

Courtavie peut analyser vos contrats existants, vos enveloppes fiscales et votre stratégie d’épargne afin d’identifier les solutions adaptées à votre situation.

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